LE TOUR DE LA GARE

Ils suent, ils puent, ils courent. Le Tour de la Gare est un documentaire animalier sur le Tour de France des années 1960, qui pose un certain nombre de questions : si les coureurs sont des bêtes, que devient le Général ? une bête de course peut-il se transformer en insecte ? les éternels seconds seront-ils un jour pardonnés ? dans un monde où tout va très vite, les plus rapides ne sont-ils pas les immobiles ?

NOTES

C'est le 3ème film de ma série de films-collages, après MA SÉRÉNADE et LA VIE EN ROSE. Toujours un travail expérimental à partir du son et de mes archives vidéo. J'étais vraiment fatigué des scenarii sans surprise, fonctionnant comme des tiroirs à rebondissements entendus d'avance et dont on voit systématiquement l'idée derrière la scène. Je voulais travailler à partir de sons, écrire mes films au montage et l'assumer. Je me suis mis à filmer à tout va et me laisser porter. 

Cette fois, j'avais dans la tête une grande envie de dire merci à Catherine Verrier et Wladyslaw Znorko. Nous sortions, avec ma compagnie de théâtre (Gérard Gérard), d'une longue résidence à la Gare Franche, où nous avions posé les bases de notre spectacle co-produit par le Cosmos Kolej sur... le Tour de France. Tout un monde qui me renvoie à mon enfance avec mon ami Maël aujourd'hui disparu. Et puis, bien sûr, le constat que ces voix là, cette diction, les noms de Poulidor, d'Anquetil, de MErckx, le crépitement du son de l'ORTF renvoie finalement tout le monde à sa propre enfance, y compris les plus âgés. C'est le voyage que nous a fait faire sur le plateau ce grand poète qu'est Wladyslaw Znorko. J'ai simplement essayé de transcrire en un film ce qu'il m'avait fait sentir.

J'avais aussi envie de mettre un peu plus de ma vie dans le film, de ne pas hésiter à être carrément sentimental.

Bref, de faire un film polonais sur le Tour de France.